Atelier du patrimoine de Saintonge

Villa Musso - 62, cours National - 17100 Saintes

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L'Hôtel d'Argenson

L’ancien hôtel d’Argenson (ancienne maison Bures) devenu aujourd’hui Le Domaine Etienmorand, situé rue Georges-Clémenceau attire aussi particulièrement les regards. Le portail d’accès, datant de la fin du XVIIIe siècle, a en effet été complètement restauré. Ce dernier était très altéré et les pierres de parement, trop dégradées, ont été remplacées par des pierres présentant des caractéristiques analogues à celles encore intactes.

Le portail a donc fait l’objet d’une restauration à l’identique. Les profils, ornementations, moulures ont été conservés. On retrouve ainsi les pilastres surmontés de chapiteaux ioniques et la corniche avec sa frise de denticules qui sont ici la signature de l’époque d’édification.

Outre les travaux conduits sur cette façade visible depuis l’espace public, cette restauration s’inscrit avant tout dans le cadre d’un projet global de réhabilitation d’une vaste propriété. Toutes les parties de l’hôtel particulier sont ainsi concernées : les façades sur cour et jardin, la toiture, les espaces internes et externes. La qualité générale d’une telle restauration est faite d’une multitude de détails qui permettent de garantir une grande unité au bâti.

Le Secteur Sauvegardé de Saintes recèle de nombreuses richesses. La prise de conscience de leur importance semble aujourd’hui bien engagée. Il est prévu des mesures d’incitation sous forme d’avantages fiscaux consentis sous certaines conditions (notamment la loi Malraux) pour les réhabilitations les plus importantes), ainsi que pour aider les propriétaires bailleurs en ce qui concerne les réhabilitations plus ponctuelles.

Cette demeure, en retrait, par rapport à la rue, a pris le nom d’Argenson de Clervaux au XIXe siècle. Son ouverture rectangulaire et son décor de pilastres à l’antique où domine l’ordre ionique “français”, avec ses guirlandes entre les volutes des chapiteaux, permettent de le situer dans les dernières années avant la Révolution. En effet, à partir des années 1770, le décor rococo, jusque-là très en vogue, se voit supplanté progressivement par un néo-classicisme relativement tempéré, laissant encore une belle place à l’ornement, dont l’ordre ionique à guirlandes constitue un leitmotiv. Des guirlandes ornent les ventaux, toujours en place.

Texte extrait de Patrimoine des Communes, Atelier du Patrimoine de Saintonge.