Atelier du patrimoine de Saintonge

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Les thermes de Saint-Saloine

A son apogée, la ville de Mediolanum comptait plusieurs établissements thermaux. Les vestiges retrouvés en bas du coteau Saint-Vivien, à la fin du 19ème siècle, correspondent à une partie de l’un d’entre eux.

Il fut sans doute bâti dans le troisième quart du 1er siècle ap. J.-C., sur les arases de maisons un peu plus anciennes. Les thermes de Saint-Saloine sont de dimensions modestes (moins d’un hectare). Les fouilles ont mis au jour la partie chauffée de cet établissement de bains publics. On identifie la salle du caldarium (salle des bains chauds), grande pièce rectangulaire bordée au sud par un mur de soutènement que renforcent des niches en cul-de-four.

Toutes les autres traces du fonctionnement des bains, en particulier des pilettes d’hypocauste et les conduits d’air chaud autrefois signalés, ont disparu. Le frigidarium et la palestre doivent demeurer sous le cimetière Saint-Vivien et la rue qui le contourne. Le système d’alimentation des thermes reste encore énigmatique.

La présence des thermes est liée à l’évolution des modes en matière d’hygiène ou d’hydrothérapie. Véritables lieux de détente, ils sont aussi l’expression d’un nouvel art de vivre. Ce site témoigne aussi de l’évolution topographique urbaine. A partir du 3ème siècle, alors que la ville se rétractait, ce quartier excentré fut progressivement abandonné et occupé par une nécropole. Cela explique la présence de nombreux sarcophages. Un petit sanctuaire, dédié à saint Saloine, s’est alors installé dans les anciens thermes. Des chapiteaux en marbre d’époque paléochrétienne sont conservés au musée archéologi-que. Cette église était ruinée au 16ème siècle. L’ensemble fut rasé au 18ème iècle. Par ailleurs, un pavement de mosaïque (5ème siècle) découvert à l’ouest des thermes en 1987 prouve que le quartier fut en partie réoccupé durant l’antiquité tardive, avant d’être définitivement abandonné.