Atelier du patrimoine de Saintonge

Villa Musso - 62, cours National - 17100 Saintes

entete

L' école de chirurgie

Sise au 9, rue Saint-Vivien, l’Ecole de Chirurgie a été fondée en 1777 par le docteur Doussin, originaire de Soubise, qui avait fait ses études de médecine sous la direction de Lapeyronnie à Montpellier. Séduit par les théories vitalistes, il était convaincu de la nécessité de former de véritables médecins-chirurgiens, là où les opérations étaient encore assurées par les barbiers.

Il décida de créer à Saintes un amphithéâtre d’anatomie et de chirurgie pour assurer aux élèves une formation à partir de la dissection de cadavres. Lapeyronnie avait fait édifier un tel amphithéâtre sur un plan circulaire, dans les années 1730 à Montpellier.

Ici, Doussin, qui avait obtenu un mécénat de la part du Marquis de Monconseil, fit édifier un bâtiment rectangulaire, placé perpendiculairement à la rue, sur un soubassement abritant la cave. La salle de dissection, largement éclairée par des baies en plein cintre, occupait les trois quarts du volume sur toute sa hauteur, le fond servant d’annexe. Le décor monumental de la façade, avec fronton orné de trophées et pilastres aux chapiteaux ioniques à guirlandes, l’élégant adoucissement des angles, et même la présence de stuc dans la salle font oublier le caractère assez morbide de la fonction de l’édifice.

L’école a été fermée moins de vingt ans après sa création, et l’immeuble a immédiatement été réaménagé pour assurer une fonction d’habitation. Les fenêtres on été murées et de nouvelles ouvertures ont été percées, la grande salle a été divisée en deux niveaux et en pièces de vie. Seule la cage d’escalier construite alors conserve, en partie haute, un vestige du décor de stuc* qui soulignait le plafond de la salle de dissection. Ses motifs – instrument de musique, rubans – évoquent davantage un salon bourgeois qu’un amphithéâtre d’anatomie.

* Stuc : mélange à base de chaux, de poudre de marbre ou de plâtre, pouvant être moulé, modelé ou sculpté et éventuellement rehaussé de couleurs ou de dorures. Très utilisé au 18ème siècle en décor d’applique sur les murs et plafonds.