Atelier du patrimoine de Saintonge

Villa Musso - 62, cours National - 17100 Saintes

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L'époque médiévale

L’époque médiévale

A la fin du Moyen Age, la cité de Saintes cernée par son rempart, est entourée de trois faubourgs importants : Saint-Eutrope, Saint-Vivien et Saint-Pallais.

A l’intérieur des murailles, la ville s’articule autour de deux axes majeurs. Le premier reprend le tracé de l’ancien Decumanus Maximus et conduit au pont (actuelle rue Victor-Hugo). Le second axe traverse la ville du nord au sud, de la porte Aiguière à la porte Evêque.

La fonction religieuse s’inscrit nettement dans la topographie urbaine, avec la place dominante occupée par la cathédrale Saint-Pierre, les bâtiments de l’évêché et le quartier canonial...

Le quartier de L’Echevinage, proche du rempart, était le coeur économique et civil de la cité médiévale. Des marchés s’y tenaient sous des halles et certains documents attestent la présence d’un ghetto ou Juiverie. Il en est aussi le centre politique jusqu’à la Révolution.

L’ancien Echevinage, le couvent des Jacobins et le Présidial, aujourd’hui disparus, marquaient fortement le paysage urbain, créant un important pôle intra-muros au nord de la cathédrale et du groupe épiscopal. L’actuelle place de l’Echevinage n’existait pas encore en 1560, si l’on en croit le plan de Braun.

Le couvent des Jacobins au cœur du quartier commerçant

La physionomie du quartier se modifie au 13ème siècle, avec l’installation des ordres Mendiants.

Les Jacobins construisent leur couvent au pied de la falaise, à l’intérieur du rempart. L’essentiel des bâtiments, y compris la chapelle, sera reconstruit au 15ème siècle, après les ravages de la guerre de Cent Ans. Les dispositions générales en sont conservées malgré les amputations et transformations.

On retiendra surtout la façade orientale, correspondant à l’ancienne Salle Capitulaire, et le chevet de la chapelle, aujourd’hui dépourvue de nef. Ce chevet présente une très belle baie à remplages gothiques flamboyants.

Vendu comme Bien National, le couvent est au début du 20ème siècle la propriété d’un négociant en cognac, Maurice Martineau, bibliophile averti. Il lèguera à la Ville de Saintes sa prestigieuse collection de livres qui sera le fonds de la Bibliothèque Municipale, dans sa demeure, aménagée dans l’angle Sud-Ouest de l’ancien couvent. Celle-ci présente un riche décor inspiré de l’Art Nouveau, comprenant de beaux vitraux, des boiseries, ainsi que des céramiques signées Théodore Deck.

L’Echevinage et le Présidial

On attribue à Aliénor d’Aquitaine la charte des libertés communales en 1199. Mais c’est surtout à la fin du Moyen Age, en 1476, que s’affirme l’émancipation urbaine par la création d’un corps de 25 Echevins, élus parmi les bourgeois pour présider aux destinées de la cité.

L’Hôtel de Ville, appelé l’Echevinage, s’implante logiquement le long de l’axe important qu’est l’actuelle rue Alsace-Lorraine. Doté d’un beffroi qui symbolise la puissance civique à côté du clocher de la cathédrale, c’est aujourd’hui un édifice hétérogène qui abrite un des musées des Beaux-Arts.

Si la base du beffroi est bien gothique, sans doute du 15ème siècle, son dôme à lanternon est, quant à lui, le fruit d’une reprise postérieure aux guerres de Religion, datant de 1587. La façade sur la cour et le portail se distinguent par leur élégant décor rococo daté de 1761.

Le Présidial, juridiction secondaire dépendant d’un Parlement, en l’occurence celui de Bordeaux, est implanté à Saintes peu après sa création en 1552. Un bâtiment caractéristique de la Renaissance est alors construit entre l’Echevinage et le couvent des Jacobins dès 1582*. il sera remplacé au début du XIXe siècle par l’austère bâtiment néo-classique de l’actuelle Salle Centrale, qui accueille le tribunal de Saintes jusqu’à la construction du Palais de Justice en 1863.

*Attention : le Musée dit « du Présidial », rue Victor-Hugo, n’a en réalité jamais abrité ce tribunal. L’architecture civile Il nous reste de cette période outre le tracé des rues et des parcelles, quelques maisons avec pignons sur rue, ou à pans de bois, telles que celles situées rue Saint-Michel, rue des Jacobins ou bien encore rue de la Souche, ainsi que des éléments épars (portes ou fenêtres, essentiellement du 15ème siècle).