Atelier du patrimoine de Saintonge

Villa Musso - 62, cours National - 17100 Saintes

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L'âge classique : le 18ème siècle

C’est seulement au 18ème siècle et à la veille de la Révolution, que la vieille cité se débarrasse de son corset de remparts antiques.

L’encombrement de la ville conduisit l’Intendant de La Rochelle, Jacques Guéau de Gravelles, marquis de Reverseaux, à élaborer un vaste projet impliquant la disparition du vieux rempart et l’ouverture de grands boulevards contournant la ville au plus près.

Ce projet induisait la disparition du vieux pont hérité de l’Antiquité et la construction d’un nouvel ouvrage en bas du nouvel axe est-ouest. On ne réalisa avant la Révolution que le boulevard occidental, actuel cours Reverseaux. Le projet fut continué sous l’Empire, puis tout au long du 19ème siècle.

Architecture privée

Hôtel Monconseil - Musée Dupuy-Mestreau

Ce vaste hôtel particulier est la plus prestigieuse demeure saintaise du 18ème siècle, et la plus au goût de son époque. Construite par le marquis Guinot de Monconseil, un proche des milieux de la Cour, elle fut établie sur une des parcelles libérées lors des premiers travaux d’aménagements urbains et de démolition des anciens remparts, en 1738.

Sa disposition avec sa façade d’apparât ne donnant pas sur la cour mais sur les quais nouvellement créés, permet d’allier l’ostentation et l’agrément d’une orientation méridionale sur le fleuve et la campagne.

La composition de la façade est d’un classicisme sobre et retenu jouant sur la symétrie, avec son corps central couronné d’un fronton, et deux ailes légèrement en retrait. Le plan actuel est complexe ; il est double en profondeur et doté de commodités telles que les couloirs desservant indépendamment les pièces.

A l’origine, un corps de bâtiment renfermant un salon à l’italienne, construit sur le soubassement d’une ancienne 19ème siècle par une grande maison de style néoclassique. A l’intérieur, le grand escalier avec sa balustrade en fer forgé est le plus bel élément architectural.

L’ornementation de cet ensemble architectural reste très sobre. Les agrafes au-dessus des baies en plein cintre, quelques bas-reliefs et les consoles du balcon sont les seules concessions au décor rococo qui était alors en vogue (le décor de l’Hôtel de Soubise, par Boffran, à Paris en 1735).

Cet hôtel, qui a servi de préfecture après la Révolution, abrite aujourd’hui le Musée Dupuy-Mestreau. Les collections régionales d’œuvres d’art, d’éléments de mobilier, de décors et de boiseries, d’objets de la vie quotidiennes ont été constituées par Abel Mestreau et ses descendants.

L’ensemble a été acquis par la Ville de Saintes en 1993.

Architecture religieuse

Le collège et sa chapelle

Remplaçant la première chapelle construite par les jésuites au XVIIe siècle, le bâtiment qui s’élève, avec son grand portail, ainsi que la chapelle qui lui fait face sur la rue Chapsal, sont des constructions issues des transformations menées après le départ des religieux en 1762.

La nouvelle chapelle, bâtie à l’emplacement d’un ancien jeu de paume, fut édifiée en 1782, tout comme le portail qui lui fait face. La façade monumentale de la chapelle est encore, avec son fronton, d’un classicisme très élégant, malgré le caractère déjà assez sec et anguleux de la composition.

Saintes n’a connu le néoclassicisme que de façon très tempérée. Les beaux pilastres à chapiteaux « ioniques français », ornés de guirlandes, semblent être un trait ornemental très prisé à Saintes à la veille de la Révolution. Le portail du collège s’orne quant à lui de figures allégoriques et d’objets symboliques, très fréquents au 18ème siècle.

La chapelle devint la « Salle Saintonge » en 1923, perdant tout son décor religieux, et fut complètement transformée dans les années 1970.

Autres demeures

De la même époque et d’un style proche de celui de la chapelle, l’école de chirurgie (1778) dans le faubourg Saint-Vivien offre une façade ornée d’un fronton triangulaire et de pilastres ioniques dont les volutes sont reliées par une guirlande. Le portail de la juridiction consulaire (1775), rue Saint-Maur propose le même type de décor.

L’hôtel Viaud, au n°4 de la rue des Jacobins, présente beaucoup d’intérêt. Il est composé d’un corps de logis principal flanqué de deux petites ailes. Ses grandes fenêtres sont ornées d’animaux grotesques en mascarons.

L’hôtel particulier édifié rue Charles-Dangibeaud (n°25-27), offre aussi tous les aspects du style rocaille. Dans la rue Alsace-Lorraine (n°4), la maison construite par Chaudruc de Crazannes propose une façade caractéristique du goût néo-classique dont l’étage est souligné par un beau balcon sur trompe. La rue des trois princes abrite des demeures (n°56 et 60) qui disposent chacune d’un balcon, ondé pour l’un et droit pour l’autre.

La maison située au n°9 rue Cabaudière possède des agrafes sculptées surmontant des fenêtres, tout comme la façade du n°60 rue Berthonnière qui est dotée, en outre, d’un long balcon en fer forgé de style rocaille.