Atelier du patrimoine de Saintonge

Villa Musso - 62, cours National - 17100 Saintes

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L'âge classique : le 17ème siècle

Cette importance ne va pas se démentir pendant tout le XVIIe siècle. Siège de la juridiction du présidial et lieu de résidence du gouverneur, la ville se pare de fortifications modernes. De nombreux hôtels particuliers sont édifiés. Plusieurs communautés catholiques militantes s’établissent dans la cité : les jésuites en 1611, les récollets en 1613, les clarisses en 1624 et les carmélites en 1629.

Le Bastion

A la suite des guerres de Religion, en 1609, Henri IV chargea le gouverneur de la place, de Pernes, d’établir de nouvelles fortifications. La mise en place de ce dispositif de défense entraîna la construction d’ouvrages bastionnés en avant des principales portes du rempart, dont la Porte-Aiguière, ainsi que l’édification d’une imposante citadelle moderne.

Mais, Louis XIII craignant que les protestants prennent la ville et ne s’y enferment, cet ouvrage, fut démantelé en 1628, après le siège de La Rochelle. Malgré tout la citadelle est encore bien visible sur les plans de Claude Masse réalisés de 1690 à 1718. Il n’en subsiste que le haut bastion qui domine le théâtre, occupé dès le XVIIIe siècle par une maison.

La place Blair a été construite au XVIIIe siècle sur le bastion de la Porte Saint-Louis. Architecture civile Hôtel dit « du Présidial ».

Musée des Beaux-Arts

Ce bel hôtel particulier construit vers 1610 est une des premières expressions du classicisme à Saintes après les guerres de Religion. Il est appelé à tort « le Présidial », car il n’a jamais abrité cette cour de justice. En fait, il a servi de résidence privée à des présidents du Présidial de Saintes au 18ème siècle.

Sa disposition parallèle à la rue est une nouveauté à son époque. Le logis est placé « entre cour et jardin » sur une grande parcelle. La conception du bâtiment est semblable à celle de plusieurs demeures urbaines de la même époque dans les environs, en particulier le Logis du Gouverneur qui domine la ville.

Les pièces, simples en profondeur, sont desservies par un escalier central à volées droites rampe-sur-rampe dont la cage se distingue par son volume qui interrompt la toiture haute à lucarnes. La recherche de régularité et de symétrie perceptible à gauche, est contrariée sur la partie droite, peut-être en raison de l’existence ancienne d’une aile en retour. Le décor de frontons, de pilastres cannelés et de volutes, et les pierres à bossages du portail inscrivent cette construction dans le courant maniériste qui marque le début du 17ème siècle.

Autres demeures

Le logis du Gouverneur et l’Hôtel de Brémond d’Ars (rue des Jacobins) présentent des dispositions assez semblables, notamment dans la présence de lucarnes surmontées de frontons triangulaires. Leurs façades restent malgré tout très sobres, le décor se concentrant exclusivement dans les parties hautes (lucarnes ornées, pot-à-feu, guirlandes...).

Architecture religieuse

Le collège des Jésuites

A la suite des guerres de Religion, le pouvoir ecclésiastique, apppuyant la Contre-Réforme, installa à Saintes un collège, dont la conduite fut confiée aux Jésuites. Ceux-ci firent construire dès 1607 les premiers bâtiments dans les jardins de l’évêché qui correspondent aujourd’hui au square Maudet. L

a première chapelle était située à l’emplacement du parking actuel et sa façade s’ouvrait sur la rue de l’Evêché. Seul le portail en est conservé : c’est celui qui est aujourd’hui placé à l’extrémité du square. Son décor maniériste - fronton interrompu, bossages, pierres en pointe de diamant - correspond parfaitement à la période de fondation (le portail de l’ancienne chapelle des Récollets, de la même époque, est visible square Angel-Sidélio).

Par contre, le bâtiment qui subsiste aujourd’hui, avec son grand portail, ainsi que la chapelle qui lui fait face sur la rue Chapsal sont des constructions du 18ème siècle, issues des transformations menées après le départ des Jésuites en 1762.

Outre cet exemple, l’époque classique, en matière d’architecture religieuse ne nous a laissé que peu de choses à Saintes.